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Résumé :
Une nouvelle psychiatrie a peu à peu sapé toute possibilité de développement
de la psychanalyse. Pour comprendre comment elle s’est imposée, il est moins
important de s’intéresser aux débats théoriques qu’aux pratiques et aux apprentissages
qui dictent la manière dont les médecins regardent les patients. À la
notion de chronicité qui a déterminé les pratiques psychiatriques jusqu’à la
Seconde Guerre mondiale, a succédé une psychiatrie des comportements (gérables/
ingérables) qui commence avec la psychochirurgie (les lobotomies) et se
réalise pleinement avec l’essor des psychotropes, de 1952 à nos jours, de la prise
en charge de la schizophrénie à celle des troubles du comportement. On a vu
ainsi se développer une « petite biologie » et une « petite psychologie » dont les
pouvoirs de réorganisation permanente sont considérables. L’épisode du trouble
de déficit avec hyperactivité chez l’enfant et l’adolescent doit être compris dans
ce contexte.
Summary : T
he Lacanian Grasshopper and the Pharmaceutical Ant
A new school of psychiatry has little by little sapped psychoanalysis of all its potential
for development. To understand how it gained sway, it’s less important to rehearse
theoretical debates than to examine the practices and training that dictate the way
in which doctors see patients. The chronicity that determined psychiatric practice
up to World War II gave way to a psychiatry of (controllable/uncontrollable)
behavior, which began with psychosurgery (lobotomies) and culminated in the
rampant proliferation of psychotropes, from 1952 to the present day, to treat
everything from schizophrenia to behavioral disorders. The upshot was the emergence
of “biology light” and “psychology light”, which are endowed with arresting
powers of endless reorganization. The recent catchall diagnosis of attention
deficit hyperactivity in children and adolescents should be seen in this context. |